…la suite

image

Hier, nous en étions restées que j’enfournais les deux derniers gâteaux, à minuit, en m’interrogeant sur le sort du vilain gâteau vert. Inutile d’ajouter que je m’étais couchée un poil fatiguée. Mais, le lendemain matin, après 6 bonnes heures de sommeil, j’étais d’humeur charmante et tout à fait d’attaque.  

Aussi, ma décision était prise: trois étages risquant de donner un gâteau ridiculement riquiqui (sens de la modération merci, on en a mangé pendant trois jours) et le gâteau Shrek étant casse-gueule à utiliser , il fallait en recuire un quatrième. Donc, vendredi midi, voilà que je ressors tout mon attirail de pâtisserieje beurre, farine ET découpe un disque de papier cuisson pour le gâteau, bref tout va pour le mieux et je peux m’attaquer à la crème au beurre avec le cœur tout léger (petit rire de celle qui connaît la suite de l’histoire).

Parce qu’alors, les amies, (roulement de tambours) c’est de la Swiss meringue buttercream, s’il vous plaît; on fait chauffer ses blancs au bain (de) marie (dirait Gad Elmaleh) avec des ustensiles à part et tout et tout, mais, même pas peur, je fonce totalement confiante en ma bonne étoile.

Et là, les ennuis commencent. Bien sûr j’ai l’habitude de monter des blancs en neige, mais 10 ça fait beaucoupet, passée tant bien que mal l’étape bain marie, ils tournent tournent dans mon pauvre robot de cuisinedeviennent bien blancs mais ne parviennent jamais au stade bien gonflé, voir ferme. C’est embêtant, j’insiste. Rien à faire. J’insiste encore. Inutile. Bon, je vais essayer au mixeur avec ses fouets à chantilly. Je transvase le tout (si si, je l’ai fait) et je mixe, je mixe, je mixe, mais… ce n’est pas mieux. Ça passe ou ça casse: je ré-transvase les blancs en (presque) neige dans le robot pour y mélanger le beurre. J’y vais petit bout par petit bout, presque les yeux fermés, tellement je crains que tout ne se désagrège. Ma foi, ça a l’air de tenir, mais c’est une montagne de beurre qui m’attend et mes blancs ne sont qu’à peine gonflés, on vit dangereusement, mais attends, que dit la déesse du gâteau? « Continuez à battre, ça ira », dont acte les amies, au boulot!

Jamais parole de pâtissière n’aura été prise autant au sérieux; trois petits quarts d’heure plus tard (!), j’ai réussi à tout incorporer sans incidents majeurs. Seul hic: mon mélange n’a pas l’air super ferme; si la crème décide de se séparer plus tard, ce serait gênant. Alors je décide de rajouter une petite montagne un peu de sucre glace pour consolider le tout. Vite vite, au frigo pour que le beurre prenne et je retourne travailler.

Quelques heures plus tard, me revoilà en poste pour la mission monter et recouvrir le gâteau. Voyons voir, qui sait ce que la crème au beurre (celle qui tient par miracle du froid ndr) vient faire là dedans? Maintenir les étages solidement soudés vous dites? Autant vous dire que c’est là que, théoriquement, je pourrais avoir quelques gros ennuis. Heureusement que la crème à moitié congelée se tient très bien et me laisse faire mon petit travail d’assemblage sans problèmes. Si le bonjour se voit dès le matin, ça aurait pu être oh combien pire, donc tout va bien, je pense.

Deux heures plus tard (ça s’appelle de la pâtisserie par épisodes), voilà que je sors tout mon attirail pour étaler la fameuse pâte à sucre (celle dont je ne voulais pas me servir au début et qui arrive à péremption). C’est une étape délicate mais que j’ai déjà réussi plusieurs fois sans grands imprévus, donc, tout devrait aller bien, sauf que j’ai beau malaxer la pâte, elle reste dure comme un cajou. Je malaxe, je malaxe, mais rien: du béton. Je continue pendant quinze minutes, mais rien. Si. Quelque chose se passe, mais ce n’est pas tout à fait dans le bon sens: la pâte commence juste à se désagréger en mille petits morceaux, oh my

Me revoilà donc, à minuit, la cuisine remplie de bols et d’ustensiles, à contempler ce nouveau désastre de la chimie, en sachant que la fête est le lendemain à 15h et que je suis toujours bien loin d’être sortie de l’auberge.

À demain, pour la suite et fin,

et joyeuses Pâques

(ne mangez pas trop de chocolats)

❤❤❤