Il y a – There are

Il y a des caps qu’on attend avec impatience quand on devient parent, des apprentissages qu’on a hâte de partager et qu’on s’imagine géniaux. Puis, la vraie vie se charge de mélanger la donne: les choses compliquées se révèlent faciles et vice-versa, nous rappelant, si besoin était, que nos enfants sont bel et bien des personnes différentes de nous.

J’attendais donc, avec impatience, le jour où j’aurais pu accompagner Chiara dans l’apprentissage du vélo, parce que j’avais adoré ce moment, enfant – ce sentiment grisant de liberté éprouvé en arrivant à me tenir en équilibre en pédalant, ma mère arrêtant progressivement de m’aider à démarrer…Ce vélo blanc, mon meilleur compagnon de jeux d’été, celui qui m’avait donné des ailes pour partir à la découverte des environs de notre maison… Quelles aventures, à fond dans les près avec mon frère et notre petit voisin, heureusement que nos mères ne nous voyaient pas, d’ailleurs!

Mais, la vérité est que Chiara n’en avait aucune envie; elle était très bien avec son vélo à 4 roulettes et surtout (surtout) sa trottinette. Le temps a passé, le manque d’intérêt est resté. Puis, le vieux vélo qui était à son frère devenant vraiment trop petit et appelant l’achat d’un vélo de « grand », cet apprentissage ne pouvait plus être reporté longtemps. Elle n’était toujours pas très emballée et surtout pas très à l’aise. Nous avons essayé une ou deux fois, sans grand succès mais avec des visages bien tristes. Dieu sait si ce n’était pas du tout comme ça que j’avais imaginé ce moment.

Puis, un samedi après midi de septembre, son frère a proposé qu’ils fassent du vélo ensemble, en bas de la maison. Elle a un peu douté, m’a regardé comme pour sonder mon avis et là, j’ai compris qu’il fallait que je lâche prise de ce rêve de maman devenu un peu trop encombrant. Je lui ai sorti le vieux vélo, je l’ai aidée à s’installer, je l’ai encouragée et j’ai fait deux pas en arrière, me faisant toute petite derrière mon appareil photo. Quel bonheur, quelques minutes plus tard, de les voir pédaler ensemble, se croiser, rigoler; lui, tout fier d’être le grand de la situation, celui qui maîtrise; elle, toute concentrée, avec sa petite langue en coin et le visage radieux de celle qui découvre la grisante liberté de tenir en équilibre en pédalant. J’avais imaginé autrement ce moment, mais qu’importe, en vrai il était chouette, vraiment très chouette.

Je vous souhaite une belle soirée, chers amis!

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There are milestones in the life of a parent to which one looks forward to. Learning highs that you image to be just terrific. Then, real life kicks in and sends these fantasies to the wind. Easy moments become difficult and vice-versa reminding you, if needed be, that your children are indeed different little persons than yourself. 

So, I was eager to teach my daughter to cycle because I had loved it when I was a child. That feeling of freedom as I gradually found the balance pedaling on my bike while my mother stopped holding me from behind…That white bicycle, my best friend of so many summer afternoons when I would go exploring our neighborhoods… How many adventures riding at full speed downhill with my brother and our little neighbor, which luckily our mothers never knew.

But, the truth is that my daughter could not have cared less. She was completely fine with having four wheels on her bike and preferred scootering anyway. Time went by and her indifference stayed put. Finally, the old little bike that belonged to her brother becoming too small and calling for a new one, it became difficult to postpone this learning any further. Still, she was not at all into it, nor at ease. We tried a couple of times with very limited success and a lot of sad brows. I could not have expected things to go more differently!

Then, one Septembre afternoon, her brother proposed that they go cycling together downstairs. Chiara hesitated a bit, looked at me as if to ask my permission and I understood that I had to let go on this parent dream. I gave her the little old bike, reminded her a few basics then told her to enjoy. And I stood by, well hidden behind my camera. How happy i was to see them, just a few moments later, riding together, laughing and playing. Him, so proud of being the skilled one and her, with her tiny tongue stuck in her mouth’s corner, beaming with that feeling of freedom as she gradually found the balance pedaling on her bike. I had not imagined this moment to go like this but who cares, it was fun, oh so fun. 

I wish you all a happy evening friends!

2 réflexions au sujet de « Il y a – There are »

  1. J’aime beaucoup ton article. Etre parent c’est souvent savoir abandonner ses propres projections pour savoir accompagner le parcours réel de ses enfants et c’est pas toujours facile ^^

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