A special present #3

Tu n’as jamais été très loquace et tu nous communiquais ton amour par des gestes: de bons gâteaux, les pulls que tu nous tricotais, les petites attentions laissées sur mon bureau. Cela m’a pris quelques années pour comprendre et apprécier pleinement ton abnégation silencieuse et ton dévouement de chaque instant pour nous rendre heureux. Tant d’amour sous mes yeux que je ne voyais pas, tellement j’avais grandi dedans. Et puis, avec la distance, j’ai vu.

Pour cet anniversaire, et dans ce moment particulier où la maladie te met à rude épreuve, je voulais t’offrir un cadeau unique, qui puisse te dire mon amour mais surtout toute ma reconnaissance. J’ai voulu alors parler ton langage, trouver le geste qui, sans besoin de mots, avec la pudeur qui t’es propre, saurait parler directement à ton cœur. Alors, comme une évidence, je me suis glissée dans ta peau et je suis devenue celle qui tricoterait pour toi, pendant des heures, égrainant les mailles et les torsades, sans relâche, comme tu le faisais quand il fallait que tu me finisses un nouveau pull à temps pour une fête.

Ce cadeau spécial fut une course contre la montre, menée sans relâche pendant 3 semaines: le matin tôt, pendant les pauses déjeuner, tous les soirs et dans chaque moment libre de mes weekends. Au fur à a mesure que les jours passaient, je prenais conscience de mon erreur d’anticipation quant au temps dont je disposais. Mais je n’ai jamais pensé laisser tomber. J’ai juste foncé tête basse, ne voulant envisager aucune autre option que de le finir à temps. Ce marathon s’est terminé à 2 heures du matin, le 18 décembre, juste à temps pour rentrer les fils et laisser au tricot le temps de sécher avant d’être mis dans ma valise, le 21 au matin.

En ouvrant le paquet, tu es restée un instant suspendue, comme incrédule. Comme si tu ne pouvais pas croire, toi qui sais si bien le temps qu’il faut pour arriver au bout d’un tel ouvrage, que quelqu’un ait pu le faire pour toi. Tu as murmuré il est beau d’une voix timide et tes mains ont caressé longuement la laine. Ces mêmes mains qui ont tenu autant de fois des aiguilles et des laines, pour moi, pour nous. Puis, tu as levé les yeux sur moi, avec un sourire radieux qui disait merci

Merci à toi, ma petite maman chérie.

DSC_0510

DSC_0519

DSC_0516

image

You were never much of a talker and you let your gestures show your love: your delicious cakes, the sweaters you would knit for me, the tiny thoughtful presents you would leave on my table. It took me years to fully understand and appreciate your silent devotion, your daily commitment to make us happy. So much love before my eyes, which I couldn’t fully see, as used to it as I was. But then, with the distance, I saw it.

For your birthday, in this special moment where your health plays tricks on you, I wanted to offer you something special. Something that could convey my love and most of all my gratitude. In order to speak your language I had to find the right gesture which would quietly go to your heart.  All of a sudden it was easy to see: I would exchange roles and become the one who would spend hours knitting for you, sticht after stitch, as you used to do when you were finishing a new sweater for a party of mine.

This special present was a race against time: early in the morning, at lunch breaks, every evening and on each spare moment on the weekends, 3 weeks long. As I knitted along I became fully aware of how I had badly misjudged the time needs of the project but I never even envisaged to give it up. I simply worked harder, determined to finish on time. And so this marathon came to an end at 2 am of December 18th, just in time to weave in ends and wet block it before closing my suitcase on the 21st.

As you unpacked your gift you paused an instant, sort of incredulous. As if  – knowing so well how much time it takes to complete such a project – you couldn’t conceive that someone had done so for you. You murmured it’s beautiful and caressed the yarn with your hands. Those very hands that have so often held needles and yarn for somebody elses’s delight. Then you lifted your eyes into mine with the most radious smile and uttered thank you

Thank you, sweet little mama.

***

Pour ce pull, j’ai tricoté la taille S du modèle Seneca de chez Brooklyn Tweed avec 5 écheveaux de la Cascade 220, avec des aiguilles 4,5 // The sweater pictured above is size S of Seneca by Brooklyn Tweed knitted with 5 skeins of Cascade 220 on 4,5 needles.