Un dîner…diabolique – A…fiendish dinner

Les convives: Le pré-ado, assorti de mèche sur les yeux et T-shirts manches courtes en plein hiver, de plus en plus boudeur de repas qui contiennent « trop de choses » (lire: légumes). La petite fille, les cheveux souvent en pagaille, qui dessine dessine dessine et/ou chante chante chante, et qui commence, hélas, à être atteinte du même syndrome que son grand frère. La mère, qui, tous les soirs (oh l’ingénue), s’efforce de composer des menus variés et équilibrés qui puissent, tant qu’à faire, être mangés par ses enfants.

Le décor: un appartement parisien (mais ça pourrait être n’importe où), à l’heure de préparer le dîner, un soir où le père de famille rentre tard et on ne l’attend pas.

Prologue: après avoir récupéré la petite fille à la danse en sortant (passablement lessivée) du travail, s’être arrêtées en route pour faire quelques courses, avoir veillé à ce que le pré-ado  décroche de sa console/portable/télé et se mette aux devoirs et que la petite fille prenne son bain, la mère se retrouve seule, dans sa cuisine, ouvre les placards et formule cette question universelle qui résonne dans des milliers de foyers illuminés, lointains et proches,: qu’est-ce qu’on mange ce soir?

Il y aurait bien des plats dont elle aurait envie, mais qu’eux ne mangeraient pas, soupir. Des plats dont eux auraient envie (comme toujours) mais dont elle n’en peut plus, soupir. La mère cherche alors un repas-compromis-acté car, ce soir-là, elle n’a pas le courage pour éplucher/émincer/cuire pendant une heure pour ensuite les voir faire la moue. Ni la force pour se rhabiller et sortir acheter, que sais-je, du riz cantonais en face. Mais, décidément, ce n’est pas le bon soir car le placard refuse, en plus, de lui fournir les bons ingrédients (c’est bien connu que les placards sont des êtres vicieux qui vous cachent La brique de sauce tomate que vous aviez pourtant tout juste (ahem) rachetée). Bref, les enfants ne le savent pas, mais un petit drame se déroule dans la cuisine, à quelques mètres d’eux.

C’est alors, à bout de forces et de ressources et d’ingrédients, que la mère se trouve, malgré elle, à voir des mirages d’un dîner absolument démoniaque, contraire à tous ses principes de repas équilibré. Un repas qui (horreur! perdition!) se préparerait en cinq minutes chrono et qui contiendrait si peu de vitamines qu’elle en a les frissons. HAHAHAHA, rire démoniaque! Et pourtant, ce même repas lui apparaît, là, comme Le Messie. Elle le veut et que le diable l’importe.

Mais, il faut l’annoncer aux enfants. Ah. Et là, son enthousiasme retombe immédiatement. Comment leur proposer « ça », après tant d’années à leur expliquer les bienfaits des céréales complètes? Vont-ils la répudier? Ne jamais plus la prendre au sérieux? Pourtant, il le faut, car ce soir-là, il n’y a rien de plus qu’elle puisse assurer. Elle quitte donc la cuisine et, bravement, franchit le seuil du salon où les deux, ignares, vaquent à leurs occupations.

La mère: Les enfants…?

Les enfants:……Oui?

La mère, avec un fil de voix: Est-ce que ça vous dirait si…euh…ce soir…euh…on mangeait…(en retenant son souffle) du chocolat chaud et…des tartines?

Les enfants, interloqués: …

La mère, s’inquiétant:…?

Les enfants, se regardant puis la regardant: …??

La mère, paniquée:…??

Les enfants, en chœur: ……ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!! Super, maman, merci!! Tu es la plus chouette des mamans!!

** Rideau **

Note de l’auteur: C’est ainsi que le diable s’invita à leur table et ce fut tellement drôle de lâcher prise pour un soir et ne manger que du régressif/non-prise-de-tête qu’il décidèrent de le réinviter à chaque fois que le père de famille n’était pas là. Bonheur! Mais shut, ne dites rien surtout, c’est leur petit secret.

Belle semaine, chers amis, être parent ça vous en fait des émotions, n’est-ce pas?

* En photo: les restes d’un de ces dîners diaboliques, carrément un yummissime gâteau autrichien prénommé Sacher (génoise au chocolat, fourrage abricot, nappage au chocolat amer). Si vous voulez le voir entier, c’est par ici. PS Bon bon, j’avoue: je crois qu’il y avait quand même une salade de fruits avec…ahhhhh…mais petite, je vous le jure!

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The guests: the cool hairstyled, T-shirt-wearing, please-no-veggies-again Pre-teen. The ever drawing/singing/dancing messy-haired starting-to-please-no-veggie-you Little Girl. The ever-striving to serve balanced-and-organic-menus-which-the-kids-might-actually-eat Mother.

Where and when: a Parisian apartment (but it could be anywhere really), on a night where Dad’s coming home very late

Prologue: after (rather wearily) rushing from work to the Little Girl’s dance class, stopping to buy a few groceries, seeing that the Pre-teen is actually hooked off his TV/mobile phone/games console and on with his homework and the Little Girl in her bath, finally the Mother finds herself alone in the kitchen. She opens the cupboards and mouths the same universal question which echoes in so many households, near or far: what do we eat tonight

There are so many dishes she would like to eat. But not them. Sigh. There are definitely a few recipes they would love to eat (again) but not she. Sigh. On she strives to find a good-compromise-dinner ’cause tonight she’s just not into chopping/boiling/cooking for one hour just to see them pout. Nor into dragging herself to dress up again and buy Chinese noodles at the store in front. Call it a bad night, even the cupboard refuses to deliver the good ingredients (you know that too, don’t you? Cupboards are wistfull beings who love to hide That very tomato sauce you had just (ahem) bought ). The Pre-teen and the Little Girl don’t know it but, in their own kitchen, a little drama is going on.

There, at a loss for inspiration/ingredients/strenght, the Mother finds herself raving against her will about a fiendish dinner, something totally against all of her balanced-dinner principles. Something (oh no! oh my!) which would take five minutes to whip up and would carry so little vitamins that the mere thought makes her quiver. HAHAHAHAH fiendish laughter! Yet, that dinner is just what she needs. She wants it and to hell with the rest. 

But, the kids must be told. Ah. Her enthusiasm drops to the ground. How can she propose « that » to them after a life time of claiming the vertues of whole foods? Will they ever want to speak to her again? Or just ever take her seriously again? Yet, she must ’cause that’s the best she can handle right then. So, bravely, she heads for the living room where she hears them play merrily. 

The Mother: Kids…?

The kids:…Yes?

The Mother, whispering: Would you…well…ahem…like to…well…have…(holding her breath) hot chocolate and…toast for dinner?

The kids, puzzled: ………

The Mother, worrying:…?

The kids, looking at each other then back to her: …??

The Mother, panicking:….??

The kids, in unison: ……yeeeeeeeeeessssss!! Oh mummy thanks!! You are the best mom EVER!!

** Lights out **

PS That’s how the devil came to share their table and it was so fun to let go for once and enjoy some extra sugar-love, pure-delight dinner that they invited him to come back once a week, when Dad’s not there. Happiness! But hush, don’t tell anyone, it’s their little secret, you know. 

Have a nice and sweet week friends, parenting equals no shortage of emotional roller-coasters doesn’t it? 

*Above, pics of what’s left from one recent fiendish dinner with a yummy Sacher cake (moist chocolate cake, apricot filling and dark chocolate topping) uhmmm…Should you care to see it whole, it’s over here. PS all right, all right, there might have been some fruit salad to serve along, but a little one, I swear…!

De l’or et du vert d’eau – Mint and gold

Quand on aime faire la cuisine, avec un petit penchant pour le côté créatif de la pâtisserie, chaque excuse est bonne pour une petite célébration aux fourneaux. Samedi dernier, j’ai eu le grand plaisir de préparer un gâteau pour la fête surprise d’une collègue et amie qui se marie à la fin du mois. Quelle meilleure occasion pour tester à nouveau cette recette. Cette fois-ci, je l’ai réalisée sans laitages (auxquels je suis intolérante); avec de la (bonne) margarine et du lait soja vanille. Je trouve qu’elle était tout aussi moelleuse mais meilleure au goût car plus légère (d’autant plus que j’ai utilisé du mascarpone pour le glaçage donc on avait déjà assez de corps gras par ailleurs!).

When you love to cook, and to bake, you don’t need much of an excuse for a little celebration. Last Saturday I was so happy to bake a cake for the suprise party of a colleague girlfriend who’s getting married at the end of the month. Plus, it was the perfect occasion to give another try to this recipe, which everybody enjoyed. This time I baked a dairy-free version of it (to which I’m intolerant) with (good) margarine and vanilla soy milk. It came out just as moist but even better to the taste because lighter (also, as I used mascarpone to frost the cake there was enough fat on it anyhow).

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Si vous voulez l’essayer, voici la recette:

Gâteau blanc (mais pas tout à fait) à quatre étages via Whisk Kid 

226 g de beurre/margarine, à température ambiante
466 g de sucre
5 blancs d’œuf à température ambiante
2 cc de vanille ( ou pas, si vous utilisez du lait soja vanille)
375 g de farine
4 cc de levure
½ cc de sel
355 ml de lait/lait de soja à la vanille à température ambiante

Allumez le four à 180°. Beurrer, fariner et chemiser (si si faites-le) le fond de vos moules de 15 cm (j’ai ai deux, donc je les ai réutilisés une fois).

Mélanger la farine, le sel et la levure. Battre bien le beurre avec le sucre. Y ajouter les blancs, un par un. Ajouter la vanille, si vous ne mettez pas de lait de soja vanille.  Puis incorporez le lait et la farine, en alternant, en deux fois. Divisez votre préparation en 2 (si vous voulez faire les choses très très bien, comme Rosie, il faut peser le bol avant d’y mettre les ingrédients et puis avec avant de séparer en 4, pour avoir des enfournées vraiment identiques..à vous de voir) puis repartissez une des moitiés dans vos deux moules. Faites cuire pendant 15-20 minutes. Une fois vos gâteaux prêts, laissez-les reposer quelques minutes dans le moule sur une grille, puis retournez-les, laissez-les refroidir tandis que vous lavez et réutilisez les moules pour votre dernière cuisson.

Quand vos 4 gâteaux auront bien refroidi, vous pouvez les garnir comme vous désirez. Pour ma part,  j’ai utilisé une crème pâtissière classique en couche assez fine et une compote de framboises maison (framboises surgelés faites cuire tout doucement avec un peu de sucre puis mixées). Pour le glaçage, j’ai utilisé une crème mascarpone/Philadephia au citron (250gr mascarpone + 100gr Philadelphia + sucre (à l’œil) + quelques gouttes de citron) colorée avec quelques gouttes de colorant gel vert pour un effet pastel, que j’ai ensuite étalée avec une spatule. Pour la guirlande maison, j’ai improvisé avec des pics à brochette, du baker twine et du washi tape dans les tons du gâteau. Pour finir, j’ai réalisé des petites décorations à la poche à douille en forme d’étoile et j’ai parsemé le gâteau de sucres dorés parce que c’est toujours joli (et ça va si bien avec la couleur vert eau), n’est-ce pas?

Bonne dégustation si vous essayez cette recette

et surtout, plein plein de bonheur ( en cuisine aussi) aux futurs mariés!

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If you want to try it out, here’s the recipe:

Four layer white cake (but not really) via Whisk Kid   

2 sticks (226 g) butter/margarine, room temp
2 1/3 c (466 g) sugar
5 egg whites, room temp
2 teaspoons vanilla if you don’t use vanilla soy milk
3 c (375 g) flour
4 tsp baking powder
½ tsp salt
1 1/2 c (355 g) milk/vanilla soy milk, warmed for 30 sec in microwave to bring to room temp

Preheat the oven to 350F degrees. Oil and line how ever many 9” cake pans you have (I have two so I just reused them once).

Sift together the flour, baking powder and salt. Set aside. Cream the sugar and butter, then add the egg whites (I cracked them all into one bowl) and add them a little at a time. Add the vanilla if you don’t use vanilla soy milk and mix until fully incorporated. Then, alternating between wet and dry, add the milk and flour mixture in two parts. Divide the batter equally among your pans and bake for 15-20 minutes each. When you remove them from the oven, let them rest on the cooling rack, in the pan, for ten minutes. Then flip and let cool completely. In the meantime, wash your pans and repeat the operation as many times as necessary.

When your four cakes are cooled you can fill them as you prefer. I used a thin layer of French pastry cream and a raspberry home-made compote (with frozen raspberries cooked on low heat with some sugar then mixed). I crumbcoated and decorated the cake with a lemony mascarpone/cream cheese topping (250gr mascarpone + 100gr Philadelphia + sugar + a few drops of lemon), coloured with a hint of gel green colour. For the message garland, I used some barbecue wood sticks, baker twine and washi tape. Then I decorated the cake with a piping bag star tip and some gold sprinkles (which always brighten up a cake and look so nice with the mint colour, don’t you think?). 

Hope you’ll give this recepy a try and enjoy it

also, lots of love and happiness (in the kitchen too) to the bride and groom-to-be! 

…et fin (coeur de joie)!

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Avant de vous en donner la recette, voici, comme promis, le final de la laborieuse réalisation de ce gâteau angélique. Je ne m’épargne rien, mais il y a un happy  ending et c’est tout ce qui compte. Et puis, j’espère bien que, grâce à mes conseils avisés, vous pourrez le refaire puisqu’au final il était vraiment délicieux et plutôt joli, je trouve.

Petit ré-cap oblige: à la veille de la fête, pour la deuxième soirée de suite, je me couche à pas d’heure à cause de charmants coups de scène pâtissiers (voici les épisodes I et II). Quelqu’un de moins persévérant aurait tout jeté à la poubelle. Mais je n’allais pas non plus permettre à quelques œufs et à un paquet de farine de me gâcher la journée. Et puis, la chair-de-ma-chair-que-j’ai-porté-en-mon-sein-pendant-9-mois-et-allaité-12-mois-de-plus  attendait un beau gâteau, réalisé par sa MAMÔÔN. Je ne pouvais quand même pas la décevoir en jetant l’éponge et en me ruant à la pâtisserie du coin, non? (…Si?) NDR: Soit dit au passage, chère lectrice pâtissière, ceci nous mène à ce constat hilarant: si, par une heureuse coïncidence des astres et de tes humbles talents démultipliés par ta bonne volonté de bien faire, tu réussis une (seule) fois un beau gâteau à (un de) tes enfants, prends garde! Ensuite, sache-le, il te faudra juste être à la hauteur…pour toujours (et pour chacun d’entre eux bien sûr, sinon bonjour les jalousies). Alors qu’avec des gâteaux bien ratés, tu seras à jamais pépère dans ta cuisine même avec un quatre quarts à moitié brulé. Tu vois un peu l’injustice? Le choix Hamletique? Bon, ensuite, si tu veux persévérer sur le chemin de ta perdition, ne dis pas que je ne t’avais par prévenue.

Donc, disais-je, je découvre à minuit que ma pâte à sucre, dont je me voulais même pas me servir au départ, est bonne pour la poubelle du coup le lendemain, samedi, levée aux aurores pour faire d’abord ce que j’aurais voulu faire avec calme pendant la matinée et, à dix heures, en route pour l’incontournable Mora. Je m’arrête acheter de tickets au métro, musique à fond dans les écouteurs pour me motiver, et vite vite sur le quai que le planning est serré .

Soit dit au passage, Mora, c’est un peu la caverne d’Ali Baba de ceux qui aiment la cuisine et la pâtisserie et il me faut un grand effort pour essayer de rester concentrée sur mon but et ne pas acheter la moitié du magasin. Heureusement que les prix vertigineux sont là pour me décourager et je ne laisse dans mon panier que des petites bougies pastel et un feutre or (l’indispensable, en somme). Seul hic, la vendeuse n’y comprend rien en pâte à sucre, et, vu les circonstances, c’est quand même bête. Mais, j’ai compris que c’est une caméra cachée désormais, je ne vais pas leur donner satisfaction et me laisser filmer en train de faire un esclandre (non non et non). De toute façon, ça ne peut pas être si dur; il n’y a que deux marques, dont une que je ne connais pas du tout et la Wilton. J’opte pour celle-ci qui devrait être de bonne qualité vu que c’est un peu leur fond de commerce.

Je n’y ai mis qu’une petite demi-heure, je suis fière de moi et je me dirige à la caisse tout sourire. Ça fait vingt euros me lance la caissière, tout sourire à son tour. Je plonge dans mon sac pour en sortir mon portefeuille et ma carte bleue mais RIEN. Le portefeuille y est, mais pas la carte. Je réfléchis: je l’ai sortie tout à l’heure…pour acheter des tickets de métro…non, je n’ai quand même pas pu…si? Illumination: je l’ai laissée dans le distributeur (si si). La caissière me regarde en comprenant mon double souci; je peux vous faire un chèque, je lui réponds, pleine d’espoir? Ah non, je regrette, cb ou espèces, dit-elle d’un air de regret. Grand moment de solitude chez Mora parce que souvent je n’ai pas (du tout) d’espèces. J’ouvre alors la fermeture éclair de mon portefeuille, pleine de résignation à mon triste sort et j’entrevois pile un billet de 20€, soulagement! A cinquante centimes près, j’étais cuite, enfin un peu de chance!

Vite, je prends mon (précieux) sac et je file dans le métro pour rentrer à la maison, pourquoi pas, récupérer ma carte au passage si ma bonne étoile m’assiste – oui, je l’ai retrouvée, quelqu’un d’honnête l’avait déposée au guichet. Juste, alors que l’heure tournait et il était déjà midi passé, on m’a fait attendre des heures pour remplir tout un tas de formalités.

Et là, c’est fini, vous vous dites peut-être; elle est rentrée à la maison, a étalé sa pâte à sucre et voilà le joli gâteau. Et non: il nous reste encore un beau, dernier, juteux rebondissement dont je ne vais quand même pas vous priver!

Parce que oui je suis rentrée à la maison, j’ai re(re)ssorti mon attirail de pâtisserie et j’ai commencé à étaler cette bénie pâte à sucre. Mais dire que j’y suis bien parvenue serait un peu abusé.Au bout d’un quart d’heure que je la malaxe et que je me fais des muscles en béton avec le rouleau à pâtisserie, elle daigne (enfin) s’étirer à une taille à peu près convenable. Je la pose sur le gâteau et je commence à la lisser pour qu’elle adhère bien aux côtés. Or, si ce passage est un peu délicat, normalement il suffit que la pâte soit bien souple et qu’on tire délicatement de tous les côtés pour qu’elle s’étire très aisément, sans problèmes majeurs. Si, en revanche, votre pâte à sucre n’est pas souple (et c’était le cas, vous l’avez compris) dès que vous la posez sur le gâteau, elle refuse de s’étirer et préfère se fissurer (des fissures? des canyons que je vous dis) juste en dessous du bord supérieur qui lui oppose résistance. Graaand moment de solitude dans ma cuisine. Pas le temps de racheter une autre pâte à sucre, trop tard pour aller chercher assez de pâte d’amande ou mettre du chocolat (qui ferait fondre le beurre), la débâcle en somme. Et c’est là, au fond du fond du trou, que j’ai pensé aux plumes des invitations et au fait que, si par chance, elles voudraient bien coller à la pâte à sucre avec un peu d’eau, j’avais peut-être trouvé une issue.

Et le voici, ENFIN, le happy ending promis: tellement que la pâte était raide, elle n’a eu aucun souci à être un peu mouillée et, au fur et à mesure que je collais les plumes, je me suis prise au jeu et j’en ai mises un peu partout, pour fabriquer un nid-nuage tout doux pour la petite fée que j’avais repérée il y a quelques mois.

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Ce qui est extraordinaire dans toute cette histoire c’est que, sans le faire exprès (c’est la moindre des choses qu’on puisse dire), je suis retombée pile dans le thème de la fête, avec la symbolique de l’oiseau et de son envol, les nids de meringue, les petits œufs, le rose pastel…

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Du coup, le tout créait un ensemble joliment coordonné et la petite destinataire de la fête en a été vraiment heureuse. Inutile de dire que son regard plein de joie a effacé (enfin, presque) toutes les mésaventures rencontrées.

Morale de l’histoire? Le hasard vous fait vraiment de grosses frayeurs parfois, mais si vous le suivez jusqu’au bout, il peut vous réserver aussi des belles surprises.

A méditer

et à très vite avec quelques recettes!

Une recette à rebondissements

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Si vous avez envie de rigoler un bon coup, voici le récit tragicomique des deux jours de réalisation de ce gâteau d’anniversaire, de ses nombreux rebondissements, maintes frayeurs, jusqu’au happy ending sur le fil de laine que vous voyez.

En effet, ce gâteau s’est retrouvé tout de plumes vêtu sans que ce soit planifié. Tout simplement, comme c’est souvent le cas dès qu’on essaye de créer quelque chose, tout ne se déroule pas exactement comme prévu, mais ce n’est pas toujours pour le pire, parfois c’est pour le mieux. Ce n’est pas comme ça que je l’avais imaginé, mais au final c’est exactement comme ça que je le voulais. Ahem.

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Tout a commencé parce que j’avais envie de faire un gâteau à l’intérieur coloré en dégradé sur des tons de rose et avec du blanc (ou du pastel) à l’extérieur. Aussi, comme il m’était arrivé d’avoir des soucis avec les colorants dans la pâte à gâteau, je voulais miser sur une recette béton (ndr: je sais désormais que ce sont certains colorants qui ne marchent pas bien. Mais n’anticipons rien…). Voilà donc l’occasion parfaite pour tester cette recette de white cake vue sur le site de la reine canadienne du gâteau: Rosie, alias Sweetapolita.

Je planche ensuite sur Pinterest pour trouver une inspiration pour l’extérieur. Je pencherais pour crème au beurre mais, je m’aperçois qu’il me reste 500gr de pâte à sucre blanche qui arrive à péremption et je me dis, tant pis, la pâte à sucre ce sera aussi bien (petit rire de celle qui sait la suite de l’histoire).

Les jours passent et le jeudi soir, en accord avec mon planning de combat à preuve de tout contretemps, je me lance dans la cuisson des 4 gâteaux pour arriver samedi à l’heure J « avec les pieds en éventail. Je sors donc ma balance électronique (c’est du Sweetapolita, les amies: 327 de ci et 412 de ça, on ne rigole pas que je vous dis) et je commence à peser mes ingrédients. Mais au bout de quelques minutes, la balance s’éteint…J’éteins et je rallume, je ne me noie pas dans verre d’eau. Ca repart, mais, se ré-éteint quelques minutes plus tard pour cause de batterie à plat. C’est pas grave, je minimise; c’est aussi bien si j’y vais à l’œil. Ce n’était pas si grave que ça, mais si le bonjour se voit du matin, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Parce que, justement, quand je plonge le bâtonnet recouvert d’un peu de colorant gel dans le premier bol de pâte, divisée à l’oeil, je la vois se colorer d’un beau violet, bien bien foncé, alors que je croyais mettre du rose (je voulais faire un gâteau dégradé rose n’est-ce pas). Bonjour, les couvercles des petits flacons inversés…Stoïque, je serre les dents et je me dis que c’est même mieux, ça donnera de la profondeur et je continue de colorer les trois autres bols (même si mon cœur désormais tremble ).

Puis, il faut beurrer et fariner les moules, il s’est fait tard à force de contretemps, je commence à fatiguer un peu et quand la voix de la paresse me souffle: pas besoin de mettre du papier cuisson, je cède à son appel. Vous voyez ce qui va se passer non? Moi non et j’enfourne mes deux premiers gâteaux.

Vingt minutes plus tard: démoulage du premier…c’est nickel. Impeccable. Un gâteau tout beau, tout rose, parfumé de beurre et de vanille, digne de Sweetapolita. Ha! Démoulage de son voisin de cuisson. Mais, une moitié descend sur la grille à moitié dégoulinante, l’autre reste dans le moule. Quoi dire? Juste le cauchemar de la pâtissière à l’avant veille d’une fête. Graaand moment de solitude dans ma cuisine. Tant bien que mal, je remets la partie pas cuite dans le moule et j’enfourne quelques minutes (…quinze…) de plus.

Et, ce n’était pas fini: le gâteau n’était plus violet, mais avait pris une étrange couleur grise-verte…! (Ce qui nous apprend définitivement que le colorant violet Wilton produit une étrange réaction chimique à la cuisson, c’est la troisième fois que cela m’arrive, et vire de nuance même avec un white cake donc, ne pas en acheter si vous voulez colorer des gâteaux!) 

Donc, il est 23h30, il y en a partout dans ma petite cuisine et je regarde mon gâteau martien recomposé, qui n’en finit pas de cuire dans le four en sachant qu’il me reste encore la deuxième fournée à faire après avoir attendu que celui-là refroidisse pour en réutiliser le moule…

Autant vous dire que le moral n’était pas des plus gaillards pendant que, à minuit passée, j’enfournais ENFIN les deux suivants (bien couchés sur du papier cuisson en plus du beurre et de la farine cette fois-ci) et, qu’en attendant qu’il cuisent, je lavais une petite montagne de bols et d’ustensiles. Parce qu’à ce moment précis, je savais bien, sans la possibilité d’un doute (et toi, ô lectrice qui fais de la cuisine, tu me comprendras je le sais) que j’étais bien bien loin d’être sortie de l’auberge…

à demain pour la suite, si le coeur vous en dit