Papaoutai

Il était une fois une maman qui aimait faire plaisir à ses enfants en leur offrant des cadeaux faits main, avec amour, le soir quand tout le monde était couché et jusqu’à tard dans la nuit. Soucieuse de ne pas faire de jaloux, si elle en préparait un pour sa fille, elle s’empressait de demander à son fils s’il y avait quelque chose qui lui aurait fait plaisir aussi. La plupart du temps, il ne répondait pas ou souriait juste, se considérant sans doute trop vieux pour ce type de cadeaux. Mais un soir, il lui lança tout joyeux: « tu pourrais me coudre…un pyjama Papaoutai…! ». Un pyjama Papaoutai, oui, vous avez bien lu.

A vrai dire, elle ne voyait pas vraiment à quoi il pouvait penser mais, qu’à cela ne tienne, elle ocha la tête avec enthousiasme, convaincue qu’elle trouverait bien quelque chose. Elle s’empressa d’aller faire un tour sur Youtube pour mettre à jour ses références puis, sur son marchand préféré de tissus. Elle attendit que le colis arrive, s’empara en cachette d’un pyjama du grand garçon pour en faire un modèle, puis se mit à l’ouvrage en grand secret, toute heureuse par anticipation d’avoir la possibilité de lui faire plaisir.

Elle mésura, découpa, cousu jusqu’à tard dans la nuit, sans rien dire pour ne pas gâcher la surprise et le lendemain, fatiguée mais heureuse, elle lui tendit sa meilleure interprétation d’un « pyjama Papaoutai » qu’elle venait tout juste de répasser, et attendit avec impatience sa réaction. « Ah merci », fit le garçon, qui visiblement ne s’y attendait pas, puis il l’examina et ajouta d’un air factuel: « le col est un peu large (ce qui était vrai car, faute d’essayage, elle avait eu peur que sa tête ne passe pas), on dirait un pyjama de fille… ». Rideau, lumières.

Sur le moment, elle en fut un peu découragée. Mais, en cette soirée de novembre, cette maman voit soudainement rayonner dans cet échange toute la beauté tragicomique du rôle de parent, qui consiste à aimer ses enfants sans limites pour leur donner les moyens de vous quitter et sa pensée émue s’envole alors vers sa propre mère et toutes les mères de la planète, présentes, passées et futures, qui, pour rendre  leurs enfants heureux, se lancent à coeur perdu dans de telles aventures, si souvent vouées à passer totalement et cruellement inaperçues. Mother power quand tu nous tiens…

Ces magnifiques tissus (Jersey bio banane de chez France Duval-Stalla et Free Spirit Bungalow Esprit Losanges Emeraude) viennent de chez Lil Weasel.

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Once upon a time there was a mother who loved to make her children happy with homemade presents that she created for them, often late into the night, when everybody is asleep. She was careful to treat them equally so whenever she was working on something for her daughter, she would ask her son if there was something that would make him happy too. Usually he would not answer and just smile, thinking he was too old for such presents. But one night he said to her: « well…you could sew me some…Papaoutai* pajamas! » (yes, you got it right).

She didn’t have much of a clue but nodded enthusiastically thinking she’d figure it out. So off she went to check You Tube for proper references then to her favorite online fabric store. Once the much-expected supplies arrived, she stole one of the teen’s pajamas to use as a pattern and started working under cover, so happy to have a chance to make him happy.

She measured, drew, cut and sew until late at night making sure to keep the whole thing secret to surprise him. The following morning, tired but happy, she went and offered him her just-ironed best shot at « Papaoutai pajamas » and waited impatiently for his reaction. « Oh thanks » uttered the teenager, who didn’t seem to have second-guessed it. He looked down and said matter-of-factly: « the neckline is a bit wide (which was indeed true as she had feared that his head would not pass through for lack of proper measurements ), looks like a girl’s pajamas… » Ouch.

At that very moment, she was a bit discouraged. But, on this November night dear friends this mama sees all the tragic beauty of parenthood shining there: all the love selflessly given each day just in order to let your children leave you. And so her heartfelt thoughts go out to her own mama and all mamas in the world, past, present and future, all united in such important yet futile and unseen endeavors. Mother power forever love!

These gorgeous fabrics (« Jersey bio banane » by France Duval-Stalla and Free Spirit Bungalow Esprit Losanges Emeraude) come from Lil Weasel‘s store. 

Wishing you a happy evening, friends!

*Papaoutai is the title of one of Belgian singer Stromae’s tubes.

du neuf et du vieux – old and new

Chaque jour, je te regarde et je m’émerveille devant la jeune personne si gaie, drôle et gracieuse que tu deviens. En depit de ton changement, il n’y a aucune rupture; je reconnais dans tes yeux le nouveau né qu’on avait posé sur mon ventre, il y a 6 ans. Comme une petite graine, tu éclos de jour en jour et je suis très reconnaissante d’avoir la chance de t’accompagner sur ce chemin.

Comment seras-tu dans un an ou cinq ou dix ans? Quand j’y pense, j’en ai le vertige. Je sais qu’en un clin d’oeil tu seras grande et tu t’envoleras ailleurs. Si j’aurai réussi cet acte d’équilibriste qu’est être un assez bon parent, par moments tu viendras te blottir encore entre mes bras, me raconter ta vie ou partager les petits plats que j’ai toujours aimé vous préparer, avant de t’envoler à nouveau. Mais, comme chaque maman le découvre sur sa peau lorsqu’elle passe de l’autre côté du miroir, dans ce chemin plein d’embûches, où même les meilleures intentions peuvent vous valoir de faux détours, il n’y a pas vraiment de certitude. Reste donc, seul, l’amour que nous échangeons aujourd’hui, heure après heure, et ma volonté renouvelée d’en faire ma priorité pour ces première années de vie partagée.

Depuis cette rentrée où, pour la première fois, nous te laissons à la porte de la grande école que tu franchis seule, j’ai eu envie de te coudre de petits habits en mélangeant du neuf et du vieux. J’aime l’idée que des tissus tout neufs se mélangent à des bobines de fil ayant déjà servi à d’autres projets et à des rubans de dentelle, précieux rescapés de la boîte à couture de ton arrière arrière grand-mère en Toscane et qu’ensemble, ce neuf et ce vieux, donnent naissance à des blouses et des robes faites sur mesure pour toi. Personne ne le saura, mais à chaque fois que tu les enfileras sur ta peau, un halo d’amour t’enveloppera quand tu t’éloignes au milieu des autres enfants, le long du grand couloir qui fait un peu peur et vers les mille aventures qui t’attendent là dehors. Ce sera notre petit secret à nous, tu veux? Ma manière de t’accompagner pendant que tu prends ton envol, mon petit oiseau joli.

La blouse en photo est réalisée avec un magnifique coton organique de chez Lil Weasel (Zozios de AC Madame MO), à partir du modèle  B tiré du livre Style petite fille de Yoshiko Tsukiori (en taille 7 ans). Belle semaine chers amis!

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Each day I look at you, amazed to see the cheerful, witty and charming young person you are becoming. Despite your changing there is no rupture; when I look into your eyes I recognize the gaze I saw when you were first laid on my chest 6 years ago. Like a tiny seed you are unfolding and I feel so grateful to have the chance to stand by you while you blossom each day a bit more. 

How will you be in one, five or ten years? When I think about it my heart skips a bit as I know that in no time you’ll be grown up and you’ll fly away. If I manage to be a good parent, you’ll come back from time to time to share your life or sorrows or the hearty meals I’ve always enjoyed cooking for you. But, as every mother discovers as she passes through the mirror, there are no certainties on this path where even the best intentions don’t always turn right. The only thing that is for sure is the love we share day by day and my decision to make this a priority for these first years.

Ever since you’ve entered primary school and we have to wave goodbye at the gate I’ve felt the urge to sew some new garments for you, with old and new supplies. I love the idea of mixing brand-new fabrics with my faithful threads and lace ribbons that come all the way back from your great great grandmother’s sewing box in order to create something special just for you. Nobody will know it but when you wear them a special halo of love will surround you as you walk away with the other kids along that slightly scary big corridor and off to the many adventures that lie ahead. Let’s say it will be our little secret, right? My way of being there as you learn to fly alone, my sweet little bird.

The pictured blouse was made out of a gorgeous organic fabric from Lil Weasel (Zozios by AC Madame MO), and pattern B from the lovely book: Style petite fille de Yoshiko Tsukiori (7 yo size). I wish you all a lovely week friends!

For once

Shame on me for not having come here often lately. But I was busy with a very important task: being in love with a few gorgeous fabrics from my dearest partners in crime Lil Weasel and figuring out what to sew and for whom.

Oh, the endless possibilities of a plain rectangle of fabric spread before your eyes. Deciding whether it will be a skirt or a dress maybe? Plain or ruffled.  With ribbons or buttons, and which ones then? I find the whole process of creating so amusing; from the choice of supplies to the anticipation, down to the tiny sting of apprehension when you tackle a new pattern and are not quite sure about yourself.  I could even say that I love it almost more of the result itself (in fact I mostly sew  for other people).

But for once, when I walked into the fabric store I had something in mind for myself and among the many fabrics which caught my eye for my kids I just found the right pattern (Airelle from Deer and Doe) and supplies for it. So here it is, the first garment I’ve sewn for myself in a very long time. I just loved the whole process; each step is well detailed and the result is lovely as can be (i’ve only added some piping because I thought it would give a nice sparkle on both sides). Well, if I loved sewing it, I must confess that I’m just as happy to wear it now.

I wish you all a happy Monday friends!

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C’est mal, je sais, j’ai négligé cet espace ces derniers temps. En ma défense, je peux dire que j’étais absorbée par une activité très importante: admirer les magnifiques tissus achetés chez mes mercières préférées, aka Lil Weasel, et imaginer ce que j’allais bien pouvoir coudre avec et pour qui.

Ah, les possibilités infinies que recèle un rectangle de tissu vierge étalé sous vos yeux. Décider si en faire une robe ou alors une jupe ou un chemisier? Avec boutons ou fermeture? Bicolore ou unie? Je trouve le processus de création passionnant d’un bout à l’autre; du choix des fournitures à l’anticipation du resultant, jusqu’à la petite appréhension au bout des doigts quand on utilise un nouveau patron pour la première fois. J’aime tout de ce processus. Je dirais même que je l’aime en soi, indépendamment du resultat, d’ailleurs j’offre ce que je couds la plus part du temps.

Mais, pour une fois, quand j’ai passé la porte de la boutique, j’avais une idée précise de quelque chose que je voulais pour moi et, au milieu des milles motifs qui me faisaient de l’oeil pour les enfants, j’ai toute de suite trouvé mon bonheur en matière de patron (Airelle de chez Deer and Doe) et tissus. La voilà donc, cette petite blouse, la première chose que j’aie cousue pour moi depuis très longtemps. Airelle est un patron très bien coupé et expliqué, comme toujours, un vrai bonheur à coudre. Mais franchement, pour une fois, c’est aussi chouette d’en porter le résultat!

Je vous souhaite une belle semaine, chers amis.

Another end of school term

Summer is there even though the weather is still uncertain. Another school term is over. Some worries. Health issues in the family. It all feels weird as if the year had just flown by, faster than usual. I have found myself having mixed feelings and not rejoicing this time of the year as I normally do.

But it’s useless isn’t it. If you can change something, just do it. If you cannot, just strive to live at best with it, focusing even more on each tiny everyday delight. And so we baked Swiss meringues, drew special cards and sew a special tote bag for the loveliest of school teachers. Saying thanks for all the good things. And making room for all the good things which are about to happen. 

I wish you all a lovely evening friends, I’m enjoying a few days in Rome with my girl. Cheers!

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L’été est arrivé, même si la météo laisse à désirer. Une autre année scolaire se termine. Quelques préoccupations. Quelques soucis de santé en famille. Une année qui semble être passée à tout allure, me laissant avec des sentiments contrastés et moins heureuse de cette échéance.

Mais, tout ça ne sert à rien, n’est-ce pas. Si on peux changer quelque chose, il faut le faire. Si on ne peux pas, autant essayer de le vivre au mieux et de profiter encore plus de chaque petit instant de bonheur du quotidien. Et donc, nous avons cuit des meringues, décoré de jolies cartes et cousu un tote bag pour la gentille maîtresse. Pour dire merci pour toutes les belles expériences de cette année et ouvrir la porte à celles qui viendront.

Belle soirée, chers amis et bon baisers de ma ville natale, où je passe quelques jours avec ma chérie.

Un excellent remède – A perfect remedy

Ce n’est pas toujours facile de garder ses bonnes résolutions quand la fatigue et quelques petits soucis de santé vous donnent juste envie de passer la journée sous la couette. Pourtant, passée la paresse initiale, on s’aperçoit que plancher sur le net pour inspiration, chercher ses tissus et mettre les mains à l’ouvrage se révèle comme toujours un excellent remède à la morosité. Sans compter le bonheur de voir sa fille toute fière avec son paquet cadeau et d’entendre un petit garçon vous dire qu’il  « adooore » votre cadeau et qu’il va dormir « toujours » avec.

Voilà, la vie est faite aussi de petits grands bonheurs comme ça, n’est-ce pas.

Que votre soirée soit belle et gaie, chers amis.

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It’s not always easy to keep your good resolutions when you’re feeling ill and tired and all you’d wish for is spending the day in bed. But, past the initial laziness, you find as always that searching the internet for inspiration then choosing materials and getting down to work is a perfect remedy to being down. Not to speak of the joy of seing your daughter so proud with her gift wrap. And a little happy boy telling you he « loooves » your present and will « always » sleep with it. 

There you go, life is made of such precious little delights too, isn’t it.

I wish you all a nice evening, friends.

 

Un cadeau spécial #2

Tu as pris soin de moi quand j’étais petite, tu m’as accueillie chez toi au soleil tous les étés et tous les Noëls. Tu as toujours été là pour parler et écouter. Tu es la fée derrière toutes les magnifiques couvertures au crochet qui ont accompagné mes enfants dès leur naissance. Quand je pensais à quoi t’offrir pour tes (premiers) 80 ans, à toi qui as tout, cette idée s’est imposée comme une évidence. Maille après maille, après de longues semaines de réflexion sur les couleurs et la forme, le voici enfin, ce cadeau spécial. J’espère qu’il te tiendra chaud pour toutes les années à venir, comme tu l’as fait avec nous et qu’il te parlera, mieux que n’importe quel mot pourrait le faire, de tout l’amour que nous te portons. Buon compleanno e mille di questi giorni!

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You’ve taken care of me when I was a baby. You’ve opened your doors for me each summer and Christmas time. You were always there to talk and listen. You are the fairy behind my kids’ beautiful crochet and knitted blankets. When I was thinking about what I could offer you for your (first) 80th birthday, this idea stood out as an evidence. Stitch by stitch, after many weeks of choosing yarn colors and patterns, your special present is here. May it keep you warm for all the years to come as you’ve done with us. May it speak to you, more than words could have done, about the love we carry for you. Happy birthday and many happy returns!

* Je me suis inspirée de ce modèle  // I used this pattern as an inspiration.

Who would have thought

Je t’ai montré comment utiliser fil et aiguille un peu timidement, me disant que tu étais peut-être un peu trop jeune.

Qui l’eut cru que je t’aurais vue aussi à l’aise, aussi concentrée et déterminée, penchée sur ton tissu, cherchant l’endroit précis où placer les boutons selon tes souhaits pour confectionner ce petit cadeau spécial.

Je suis heureuse d’avoir pu prendre ces quelques photos. Que ce sera beau, dans quelques années, de pouvoir te montrer cette première fois où tu as créé quelque chose avec tes mains.

Je vous souhaite un beau weekend, chers amis.

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 I’ve showed you how to use needle and thread rather shyly, thinking you were too young maybe. 

Who would have thought I would have seen you so at ease, so focused and determined, kneeling above the fabric, looking for the right spot to sew the buttons as you had planned to for this special gift. 

I feel grateful to have been able to take some pics of this moment. How sweet it’ll be in a few years when I’ll show youthe first time you’ve created something with your own hands. 

C’est drôle – It’s funny

J’ai retrouvé, lors de mon passage à Rome, les doudous de quand j’étais à l’école primaire. Je me rappelais qu’à l’époque ma maman m’avait appris quelques bases de tricot et je croyais leur avoir réalisé un petit pull ou deux, dont j’étais très fière par ailleurs. Quelle n’a été ma surprise quand j’ai découvert qu’il s’agissait carrément d’une demie douzaine de minuscules habits, que j’avais totalement oubliés. Je ne vous dis pas mon émotion devant certains détails, et les efforts au niveau du choix des couleurs et des motifs que mes petites mains d’enfant de 7 ans avaient réalisés pour habiller ces copains de jeux. Quelle sacré voyage dans le temps!

A ce moment-là une pensée m’a aussi traversé l’esprit, comme une évidence: on croit s’inventer de but en blanc, s’en aller décrocher la lune tellement on est original. Puis, on découvre qu’on doit tellement à ses racines, comme une graine qui, tout simplement, se met à pousser quand toutes les conditions sont réunies. C’est drôle, non?

Que votre soirée soit douce, chers amis.

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When I was in Rome last week I found back some of my first grade’s favorite stuffed animals. I remember that my mother had taught me some knitting basics and I thought I had made one or two little jumpers for them. You can guess my surprise when I discovered half a dozen completely forgotten tiny garments. Seeing those details, the colors choices and the pattern efforts really moved me. How much time and love 7-year-old me devoted to these play pals. What a time travel! 

There it also struck me that one thinks being totally free to invent one’s life. To be ever so original. Then you discover that you are (so much) your roots too. Like a seed who simply begins to sprout when all conditions are met. And that’s pretty funny, right?

I wish you all a lovely evening, friends.

Au fil du temps

Retrouver, en faisant du rangement, les restes des laines tricotée ou crochetées au fil du temps. Chaque pelote évoque des souvenirs, parfois oubliés. Oh, cette série de chaussons que j’avais tricotées pour mes enfants. Et la petite layette pour ce cadeau de naissance? Et ce pull! Et cette écharpe! Chaque souvenir me rappelle une saison, des visages, des parfums, où j’étais, lequel de mes enfants était déjà né. Toutes ces preuves tangibles de mon affection qui s’est matérialisée de maille en maille, jusqu’à devenir pull ou bonnet ou salopette et partir vivre sa vie chez quelqu’un d’autre.

J’ai eu envie de rassembler tous les projets dont j’avais des souvenirs précis dans un cahier: un bout de laine, quelques lignes et une photo si je peux. Que ce sera beau, dans quelques années, quand je déroulerai ce fil d’Ariane et referai ce chemin à rebours, au fil du temps.

Que votre soirée soit belle, chers amis.

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While making room in my crafts corner, I stumbled upon the rests of wool I have knitted or crocheted over the years. Each leftover ball brings back (sometimes forgotten) memories. Oh my, those tiny shoes I had knitted for my children! Those clothes for that baby shower. That sweater! And that scarf… Each memory brings back a season, familiar faces and scents. Where I was, which of my children was already born. All these tangible proofs of my affection that, stitch by stitch, became sweater or hat or overalls and went to live its life in someone else’s home.

It made me want to collect all projects of which I have clear memories into a notebook. Just a piece of thread, a few lines and, whenever I can, a picture. I so look forward, in a few years, to unwinding this Ariadne’s thread, all the way down the memory lane.

May your evening be bright, dear friends.

Follow your Arrow

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Cinq indices à découvrir, un par semaine; deux pistes différentes à chaque fois, en version unie ou bicolore. Voici ce que promettait l’alléchant, et irrésistible, teasing d’Ysolda pour son châle mystère. Forte de quelques expériences positives avec des pulls et de la layette j’ai pensé, naïvement, que ça n’allait pas être bien pire que du Jacquard ou des suites de torsades. C‘est ainsi que je me suis embarquée, avec une bonne pointe d’inconscience, dans cette aventure. Et quelle aventure, les amis! Rebondissements et mystère à volonté.

Five clues, one per week. Two choices each time, with or without color switches. That was Ysolda’s very enticing Mystery Kal teasing. Having successfully knitted some sweaters and baby clothes in the past I thought naively that it would not be much worse than Jacquard and twists. So on I went for the adventure with glee (and a pinch of unconsciousness). And what an adventure friends! Mystery, twists and turns galore.

Passé l’enthousiasme initial, j’ai passé quelques bonnes minutes de solitude devant les suites d’abréviations en langage toktok (lire: k3, *yo, ssk, (k1, yo) twice, k3, k2tog, (k1, ssk, k3, yo, k1, yo, k3, k2tog et pareilles aménités), à répéter sur 400 mailles sans qu’il y en ait seulement une de plus ou de moins, sous peine de gâcher tout l’effet escompté.  Ensuite est venu le désarrois de celle qui réalisait qu’elle n’avait pas du tout pris la mesure du défi et se retrouvait à faire et défaire le même passage pendant un week-end entier, à cause du mauvais décompte des mailles. Puis, l’envie de tout laisser tomber face au triste constat que mon châle, au mieux, aurait été mi-parfait ne pouvant cette humble tricoteuse que je suis s’y dédier que deux rangs par ci, par là, ou alors tard le soir, quand mes yeux se croisent pour la fatigue, au lieu que dans un calme idéal.

My initial enthusiasm quickly cooled down when I saw the Martian  (k3, *yo, ssk, (k1, yo) twice, k3, k2tog, (k1, ssk, k3, yo, k1, yo, k3, k2tog and the like) coding I was supposed to follow 400-stitches along error-freely in order to stick to the plan. Then came the rather gloomy week-end where this way-too-naive knitter knit and undid the same sequence on end due to stitch numbers who wouldn’t match and realized she hadn’t got a clue of where she had diven into. After which I just wanted to store my circular needles forever ‘cos I finally saw clearly that my kal could, at best, turn out half-perfect (unless I could find a magic wand allowing me to devote more than spare moments to the mysterious quest).

Face à la nécessité concrète de choisir entre laisser tomber (et réessayer dans dix ans) ou bien accepter cette version mi-parfaite à ma portée, il s’est produit quelque chose d’assez étonnant. J’ai regardé la belle laine Malabrigo que j’avais achetée. J’ai pensé à mon enthousiasme initial de tricoter quelque chose pour moi, pour une fois. Et j’ai choisi de prendre ce qui était à prendre, ici et maintenant. A partir de là, comme par miracle, ça n’a été que du plaisir. Mes yeux, jusque là rivés (inutilement) sur le schéma en papier, ont commencé à regarder le dessin prendre forme au fil des mailles. Mes mains, libérées de l’angoisse de devoir tout réussir, ont retrouvé le plaisir de faire glisser le fil d’une aiguille sur l’autre, dans un mouvement cadencé. Droite gauche droite gauche. Mais aussi le plaisir enfantin de voir les mailles monter alors qu’avant elles n’étaient qu’un écheveau brut de laine. Il y a eu des erreurs que j’ai corrigées à temps, et d’autres que j’ai vues trop tard, quand j’étais trop fatiguée et je n’ai pas eu envie de défaire à nouveau plusieurs rangs. Je ne l’aurais jamais dit avant, mais aujourd’hui, à défaut de rendre mon châle le plus parfait du siècle, ces petites imperfections me le rendent encore plus cher. Car ces imperfections-là (que seulement moi peux voir, je sais) me rappellent ce soir  où je me suis distraite en écoutant ma fille chanter ou mon fils me raconter une blague. Ou bien encore, celui où la radio m’a importée au loin  sur le fil d’une histoire.

Having to decide whether to give up (and try again in ten years) or to say yes to a half-perfect result, I found myself wondering. About the fine Malabrigo Sock yarn I had bought. How happy I was to finally knit something for myself. And I chose to take what I could handle, here and then. As of that point, it all became so much easier. My eyes, which had been (blindly) nailed to the charts all of the sudden begun to actually see some patterns taking shape. My hands, freed from the burden of « making perfect », found back the pleasure of handling a beautiful yarn from one needle to the other, in a regular, smooth motion. Left right left right. As I found my rhythm, I also found back that childhood pleasure of seeing stitches grow from a simple hank. Some mistakes I could correct on time. Others have stayed because I was too tired when I saw them and I didn’t have to courage to undo tens of rows. I would not have said this before but now I feel like these very little mistakes make this kal more dear to me. Because they remind me of that evening when I was distracted by my daughted singing or my son telling a joke. Or the radio playing a beautiful song. And that’s my life.

J’ai plongé dans cette aventure la tête en première sans vraiment me rendre compte de ce que je faisais. Honnêtement, je n’avais aucune idée à quoi mon châle allait ressembler, d’autant plus qu’à cause de sa largeur, toutes les mailles étaient tassées ensemble à la fin et ne permettaient pas du tout d’en apercevoir le rendu final. Autant vous dire que quand j’ai rabattu la dernière, j’étais véritablement curieuse de dévoiler le mystère. Un petit cycle de lavage et essorage doux plus tard, j’ai vu, avec énorme stupeur, se dessiner ceci devant mes yeux:

Truth to be told I have diven head first into this adventure  not knowing at all what I was doing nor how this kal would look like once finished (also because the high number of stitches made it impossible to get a global view out of it). When I casted off the last stitch, I was truly curious to unveil the mystery. You can only guess my (huge) surprise when I saw this appearing before my eyes after the usual soft washing and drying:

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Au fur et à mesure que j’épinglais le châle pour le bloquer, je n’en croyais pas à mes yeux. C’était un peu comme si quelqu’un, en cachette, était venu remplacer toutes les mailles maladroites que j’avais  tricotées, péniblement par moments et surtout aveuglement, par ces magnifiques interconnexions de courbes et de lignes (pratiquement) parfaites. Un vrai mystère. Et chapeau bas à Ysolda, pour sa maîtrise en la matière (de tricot et de mystères).

As I pinned the kal down to block it I couldn’t believe my eyes. It felt as if someone had exchanged all those goofy stitches I had knitted, sometimes with so much effort, and replaced them with those beautiful and (almost) perfect curves and lines. A true mystery. And a hands up to the tremendously talented Ysolda for rocking the house.

Belle journée chers amis, parfois il est donc vrai que le meilleur est l’ennemi du bon.

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Have a nice evening friends, sometimes it’s true then that the better is the enemy of the good…

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